Voyageonique

 

 


Ne parlons plus de l'engin lui même, déjà décrit sur le site (cliquez sur l'imagette si vous ne le connaissez pas). Au passage, il vient de passer les 70 Mm ou 70 Kkm, bref 70.000km, happy birthday!

Au fur et à mesure des voyages j'affine et j'allège le bagage pourtant cette année je suis encore à 15 Kg répartis en 3 sacoches devant (12 Kg) et un sac polochon à l'arrière. En effet je compte 2 Kg d'électronique embarquée, ce qui ne met pas encore la technicité au niveau de l'airbus ... !


Cet article ne traite pas du voyage, mais seulement de quelques outils sophistiqués qui m'accompagnent et qui me paraissent maintenant presque indispensables; C'est aussi l'occasion de répondre à quelques questions qui reviennent fréquemment.
Pour illustrer ce texte un peu austère, je vous propose quelques graphs trouvés par un hasard opportun sur un chantier à la sortie de Barcelone, l'avant dernier jour de route ; ceux qui ne veulent pas lire pourront regarder les images !




ALTIMETRE


L'outil le plus ancien (10 ans maintenant) est un compteur altimètre (de marque Cateye) en lequel je mets toute ma confiance, et surtout par rapport à ce qui a été produit depuis. Par le calcul des différences de pression atmosphérique l'objet est sensé évaluer l'altitude au mètre près; quand la région est propice on passe du compteur kilométrique un peu déprimant à l'affichage des altitudes qui donne une bien meilleure idée de l'effort à fournir (quand on connaît l'altitude à atteindre). La deuxième fonction de l’appareil est de calculer le cumul de dénivelé ascensionnel de l’étape; et c’est là qu’il est particulièrement fiable puisque sur des parcours plats ils n’ajoutent pas tous les mètres qui seraient juste dus à sa sensibilité, mais par un algorithme assez pertinent il sait reconnaître ce qui est du à une véritable différence d’altitude. Les altimètres plus récents seraient capable d’afficher en plus la pente, ce qui est fortement intéressant, mais à la lecture des forums je crois que je vais attendre quelque temps encore.  Le rapport du dénivelé cumulé à la distance parcourue est un bon indicateur de la difficulté d'un parcours (voir dans le tableau d'avancement)
Mais ça ça ne pèse pas lourd!


 

 


BALADEURS / WALKMAN


Petits appareils très légers aussi, mais incomparables pour le plaisir qu'ils apportent quand les conditions de route sont mauvaises (pluie, fatigue, idées sombres  ...), voire seulement mornes (grand plat, route à forte circulation ...). Il s'agit bien sur des baladeurs MP3, appareils de quelques grammes qui envoient du son dans des écouteurs fixés dans les oreilles.
Je rassure encore une fois ceux qui se préoccupent de ma sécurité que 1) musique et voix ne sont pas sur les mêmes fréquences que les bruits de la circulation 2) les oreilles sont de bien faibles avertisseurs du danger (venant de derrière) car elles sont très souvent leurrées par un vent ou un véhicule qui vient de face, 3) vous ne vous servez pas de l'ouïe pour la conduite automobile 4) et surtout j'utilise un rétroviseur.
J'utilise le plus ancien de très faible capacité (256 Mo , ça fait sourire maintenant) pour sa fonction Radio-FM, plus ou moins performante selon les conditions ambiantes, mais en général avec une bonne réception en plaine ; et je profite de sa faible autonomie pour y charger des contenus à écoute unique comme des émissions de radio téléchargées pour une écoute en différé (podcast ou balado-diffusion) ou des cours de philo enregistrés à l'UTB (Université pour Tous de Bourgogne) ou un CD particulier que j'ai envie de réécouter en entier. 
J'utilise l'autre, modèle basique à 30€ mais de capacité plus respectable (4 Go soient environ 90 CD) en écoute aléatoire des titres.
Ces appareils nécessitent un jeu de piles de rechange et le chargeur qui va avec.
Il faut aussi préparer avant le départ la discothèque à emporter sur l'île déserte, et la charger sur l'appareil ; préparer les contenus plus littéraires et les charger sur l'ordinateur portable (voir ci-dessous).




APPAREIL-PHOTO

Depuis très longtemps, je transporte un appareil photo et je suis plutôt satisfait de ce que la technique nous propose actuellement.
Après avoir d'abord trimbalé le lourd et encombrant réflex argentique et ses objectifs interchangeables (et dévissé un zoom par les trépidations du vélo), essayé les premiers compacts à film qui avaient un petit zoom, goûté du format APS qui n'a pas perduré mais qui offrait une compacité maximale (et rapporté 20 films en 2001 qui avaient tous viré au rose faute d'avoir supporté la chaleur dans les sacoches!). Je suis passé au numérique en 2004 avec un petit Nikon à 2 Méga-pixels ; il n'était pas mauvais mais dieu qu'il était lent ! et le prix des cartes-mémoire était assez rédhibitoire, presque 1€ les 2Mo à cette époque, j'avais profité d'un passage en Andorre pour acheter une 256Mo ; et la corvée était de trouver un 'spécialiste' qui pouvait décharger les photos sur un CD, pas toujours facile dans certaines campagnes de certains pays de l'Est ... Maintenant le prix des cartes-mémoire a considérablement chuté et il ne reste que l'éventuelle question de leur sauvegarde.
Entre les appareils compacts assez limités dans leur performances, et les premiers réflex numériques à plusieurs milliers d’euros réservés aux professionnels, la recherche et le marketing se sont efforcés de créer une gamme accessible aux amateurs plus exigeants, de faire un pont entre ces technologies, en en gardant si possible les avantages : la compacité de l’un, la gamme d’optiques et une visée digne de ce nom (l’écran LCD à l’arrière d’un compact, qui semble avoir un certain succès est incompatible avec toute idée de cadrage). Le pont s’est donc appelé un ‘bridge’. Pratiquement il s’agit d’un appareil qui ressemble à un petit réflex par sa forme, mais avec un seul objectif qui est un zoom très puissant (on est passé progressivement de x 10, à x 12, 15 18 et même x 20 maintenant), et avec un viseur qui présente l’image comme vue à travers l’objectif sur un minuscule écran électronique (utilisable en plein soleil, réglable en dioptrie à l'œil de l’utilisateur). Très rapidement, ces appareils ont été dotés de stabilisateurs indispensables à l’utilisation de si longues focales ( > 400 mm, jusqu’à 600 mm!).
Mon premier bridge était un Canon 5 Mpixels à zoom 12 fois (35-400 mm) pour des résultats déjà très intéressants (voit galerie du Carnaval de Venise sur le site). Je me le suis fait voler quand on m'a étranglé à Madrid (vieille histoire). J'avais racheté le même mais il n'a tenu que 2 ans + 2 mois (après la fin de la garantie). Le Canon avait une fonctionnalité amusante à savoir un écran orientable qui permettait de photographier les gens à leur insu ou de faire des photos en macro au ras du sol sans avoir à se coucher par terre ; les bridges qui lui ont succédé chez Canon offrent toujours cette possibilité.
Fin 2008 j'ai fait l'acquisition d'un Panasonic Lumix DMC-FZ18 , 8 Mpixels, à zoom Leica 18 fois (28 - 500 mm équivalent 24x36) ; il était à l'époque en tête des comparatifs et j'en suis toujours très satisfait à plus de 11000 déclenchements (beaucoup de grosses séries pour recomposer des panoramiques à 360°) ; il a quand même accusé une faiblesse l'année dernière après 4500 km de sacoche de guidon, dont les pistes du Laos : le bouton de zoom se coinçait, réparation effectuée sous garantie.
J'apprécie :
- globalement la qualité des images et la restitution de couleurs, c'est bien le moins mais ce n'est pas si évident pour tous les constructeurs
- en particulier le rendu en position macro, voir les fleurs dans l'album pourtant en très petite résolution (en agrandissement j'ai pu voir jusqu'aux facettes d'un œil de papillon
- la performance du stabilisateur, en macro, en super-télé ou en intérieur sans flash, exceptionnellement une image floue en général due à la précipitation (à condition d'utiliser le viseur et non de tenir l'appareil à bout de bras, n'est-ce pas Marilou, Claudie ...)
- l'ergonomie générale qui permet facilement des changements de résolution, des sur- ou sous-expositions en gardant l'œil au viseur (inversement je me fais souvent piéger, si j'oublie de revenir aussitôt à mes paramètres habituels)
- la rapidité de mise en œuvre et de déclenchement ; j'ai optimisé en enlevant la courroie quand je suis à vélo, et en le rangeant dans un étui rembourré qui reste ouvert sous le rabat de la sacoche de guidon, il peut donc être sorti au moment où je mets pied à terre (Jean, ça changerait ta vie ...)
- la compacité en terme d'encombrement (j'ai beaucoup d'autres choses à ranger dans la sacoche de guidon) et de poids : à peu près 500 g avec l'étui et le chargeur de batterie
- la batterie est assez performante (au moins 200 photos) ; le flash est correct , mais je fais peu de scènes en intérieur, ou alors dans des espaces trop vastes (églises ...) où je préfère ne pas l'utiliser

En revanche je n'utilise pas le mode intelligent, qui l'est un peu trop à mon goût, et qui force la résolution maximale de 8 Mpixels qui me parait un peu excessive pour ce que je veux faire de mes images ; je me contente de 5 Mp en général, voire 2 Mp s'il ne s'agit que d'un simple panneau routier à garder en souvenir. Les images présentées sur le blog sont réduites à un format de 800 x 600 pixels, soit 0,5 Mp et elles sont encore regardables sur un écran (du moins j'espère). Le 5 Mp est suffisant pour un tirage A4, ce qu'on ne fait d'ailleurs que très rarement. Sur le Panasonic, par une astuce que je n'ai d'ailleurs pas tout à fait comprise (zoom numérique forcé ?) le zoom devient un x 23 si on se limite à 5 Mp, alors ...

Bref, satisfaction totale et recommandation sans réserve ; le nouveau modèle FZ28 est un peu plus performant (10 Mp, grand angle 27mm au lieu de 28) ; et il est encore moins cher (autour de 320€).
Il faudra quand même lire et relire le mode d'emploi, et tester les modes-programmes et les fonctionnalités; trop dommage de s'en servir de la même façon qu'un téléphone! De plus il est clair que ces appareils sont conçus pour être fréquemment renouvelés, en général par l'achat d'un matériel doté d'un gadget supplémentaire et avant d'être arrivés en fin de vie (les tendances actuelles sont le réflex à bas prix, non merci je ne suis pas preneur, et les fonctions de caméra + ou - HD); donc si vous avez l'intention de vous en servir prévoyez l'extension de garantie, et achetez le plutôt chez un revendeur qui a un comptoir près de chez vous (Internet ? bof !).


 

 


NETBOOK


(= mini-laptop) C’était le nouveau concept de l’année 2008 en matière de micro-informatique avec 2 principes portabilité maximale et connectivité. A donc été créé un ordinateur ultra-portable car dépouillé des périphériques nécessaires au fonctionnement des PC familiaux ou de bureau à savoir le lecteur-graveur de DVD, le disque dur, la carte graphique ; le format d’écran est très réduit (à peine supérieur à un livre de poche) et un nouveau processeur (Intel en général) a été conçu pour réduire la consommation d‘énergie. Il n’est pas conçu pour remplacer un PC, inversement le prix de ces micro machines est très réduit : entre 250 et 400€. Les prix s'étant stabilisés depuis Noël 2008, j'ai fait l'acquisition du premier modèle au printemps (249€) ; premier non par la qualité moindre, mais parce que par l'éternel effet pervers d'essayer de faire acheter plus, on propose des modèles aux écrans plus grands et avec des disques durs ; or ce qui m'intéressait principalement c'était faibles encombrement et poids pour le transport en sacoche, et pas de disque dur pour éviter les pannes mécaniques dues aux secousses.
Acer Aspire one ; 1Go de mémoire et 16 Go de mémoire flash (auxquels j'ai rajouté 16 Go sur une carte SD) ; et Windows XP comme un grand. La batterie a une autonomie de 2H30 ce qui fait déjà une bonne séance et la plupart du temps on peut travailler branché sur le secteur ; avec l'alimentation, la mini-souris et le dossier cartonné qui sert de housse discrète le poids est de l'ordre de 1,3 kg ce qui est tolérable à vélo ; le rangement à la verticale dans une sacoche avant semble très bien supporté, même avec la chaleur de certaines belles journées.
J'utilise le traitement de texte Works pour rédiger les articles hors connexion. Je sauvegarde les photos tous les jours, et avec XnNiew (logiciel gratuit) je sélectionne et prépare les photos qui illustreront les articles ou rempliront les albums en leur appliquant un petit script de redimensionnement et de réétalonnage des niveaux (il faut réduire la taille des photos pour accélérer l'envoi sur le serveur qui héberge le blog).
C'est la connexion internet quand elle est possible qui est la fonctionnalité la plus intéressante : lecture des emails, transfert des photos et des textes préparés vers le blog et mise en page en ligne de celui-ci. Le transfert d'autant d'images ne serait pas possible depuis un cyber-café ; la frappe de grands textes est très laborieuse sur un clavier étranger et surtout il n'y a plus à chercher l'officine ni à dépendre de ses horaires d'ouverture, autant dire que sur un trajet de montagne comme celui ci je n'avais aucune chance. On peut donc profiter de l'équipement croissant des hôtels en connexion internet et quand leur connexion Wifi est activée leur demander la clé de protection; avec quelques désillusions en France où la connexion est faite par câble et le Wifi non activé ou alors quand le service de Wifi est confié aux opérateurs de téléphonie à des prix exorbitants (hôtels Accor, gares SNCF), en Espagne où dans les régions reculées l'ADSL est si lent que c'est pire que notre bas débit d'autrefois (rappel : l'ADSL assure le transfert des données entre le réseau Internet et la box de l'abonné, la box peut être reliée directement à l'ordinateur du client par un câble, ou elle peut émettre et recevoir des ondes Wifi qui feront la liaison avec tout ordinateur à proximité). Quand tout marche bien, je peux même laisser l'appareil télécharger mes émissions favorites depuis les sites de Radio-France pendant le dîner !
En conclusion je suis assez enthousiaste après 6 semaines de test, même si je n'ai pas eu autant d'occasions de connexion que je l'espérais, ceci étant dû au pays et surtout à l'isolement des zones où je me trouvais. Il est très appréciable de pouvoir visionner et organiser les photos le jour même (petit écran mais de très bonne qualité trouvé-je même avec mes mauvais yeux), de pouvoir préparer ses programmes musicaux du lendemain (MP3, podcast). Le Netbook n'a pas remplacé le carnet que je remplis d'habitude le soir pendant le dîner, celui ci contient des notes tout à fait personnelles ; il y a un certain plaisir à 'éditer' des textes et des images au fur et à mesure du voyage mais c'est aussi un peu 'piégeux' puisqu'il faudrait tenir un rythme de publication, or chaque article prend énormément de temps (de l'ordre de 4 heures pour une mise en page correcte) ce qui se fait au détriment du temps 'libre' ou du temps de repos, il y aura donc un juste milieu à trouver.
Il faut bien préciser aussi qu'un certain entraînement est nécessaire au préalable pour la publication du blog et pour l'organisation de tous les répertoires (photos sauvegardées, photos des articles, photos des albums, musiques MP3, podcasts, textes etc) ; les soirées étant courtes et les déconnexions fréquentes il vaut mieux tout avoir sous la main; pas besoin d'être informaticien quand même (mais ça aide!)



 
GPS - PORTABLE


Je n'en ai point!
A la vitesse ou je roule, je peux encore prendre le temps de poser pied à terre pour lire une carte (et sortir ma loupe) ou pour demander mon chemin ce qui est généralement assez sympa, et je ne suis pas sur qu'un GPS saurait me trouver toutes les vicinales et communales d'Europe (ou à quel prix  pour avoir toutes les cartes?) ; c'est encore un matériel onéreux et un peu trop visible alors ... on verra dans quelques années.
Le fameux portable! je n'en ai déjà pas en temps normal alors en voyage ... pas pour me faire appeler, les mails fonctionnent très bien, idem pour appeler ; la véritable utilité serait de pouvoir réserver une chambre à l'avance mais cela demande une telle organisation contraignante de repérage des gîtes, des hôtels que je m'y refuse. Qui plus est à l'étranger ça revient hors de prix à moins d'être accro ou de racheter à chaque fois une nouvelle carte. Quant à l'argument du portable qui sauve des vies, je reste dubitatif : si j'ai un accident avec une voiture le conducteur saura quoi faire, si j'ai un accident seul Il faudrait arriver à mettre la main sur l'appareil, et surtout qu'il y ait du réseau (kommondi).

Alors je fais l'impasse sur ces 2 appareils, autant en moins à se faire voler, et 2 chargeurs en moins à transporter.

 

 

 

     

 

CONCLUSION


Cet article peut être lu au premier degré et résumé en trois points :

- Définir ce dont on a besoin et choisir le matériel correspondant au projet

- Maîtriser ces (ses) appareils : apprentissage, configuration, tests. Ce qui ne se fait pas la veille du départ ni en cours de voyage

Ne pas se laisser abuser par les sirènes du marketing : ce n'est pas forcément l'objet le plus récent ou le plus puissant ou le plus cher qui rendra les meilleurs services ; c'est peut-être le plus léger, ou le plus maniable, ou le plus simple ou le moins fragile, et certainement celui dont on a le plus l'habitude.


Puis on peut aussi demander s'il y a vraiment besoin de tout ça, pourquoi s'en encombrer, ou si ce n'est pas même dénaturer le voyage que d'y introduire cette technologie.

Cette chanson de Boris Vian par auto-dérision peut-être ; en attendant quelques considérations philosophiques sur ma perception du Voyage avec un grand V et sur la nécessité de ces appareils ... à suivre

 

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