Pierre qui roule ... en car

Publié le par Pierre qui roule

PETITE GALERE / BONNE DEBROUILLE

L'idée trottait et s'est confortée 3 mauvaises nuits aidant (le bar et la terrasse de l'hôtel qui ferment à 2h00 du matin, normal pour un Dimanche soir en Espagne; une longue soirée Internet, difficile de dormir après ; le bar et la terrasse de l'hôtel qui ferment à 2h00 du matin, moins normal un Mardi mais c'était la fête de la St Jean avec défilé et jongleurs de feu).
C'était un voyage un peu différent des autres : 40 jours d'affilée sur la selle du vélo,  uniquement cycliste depuis le passage des Pyrénées, sans intermède touristique, que des paysages de montagne et qui plus est en suivant une feuille de route assez précise. Après il aurait fallu construire un nouveau projet pour le retour : un itinéraire à tracer avec des points de passage qui l'aurait justifié ; j'avais bien quelques idées par Tolède, Ségovie, Avila ...
Mais Tarifa était un bel objectif ; je suis encore une fois resté sur la hauteur à regarder l'Afrique et les porte-conteneurs en transit dans le détroit ; peut-être qu'un jour j'aurai les 'cojones' pour passer seul de l'autre côté ... j'avais même un peu fait durer le plaisir avec quelques variantes pour allonger la route.
En fait s'il faut un petit effort pour se lancer et démarrer le voyage, pour moi, il faut aussi savoir l'arrêter, au moment où je l'estime se suffire à lui même, ou quand je commence à saturer (ce qui n'était pas encore le cas, mais je sortais déjà moins souvent l'appareil photo).



Petit signe, sur ma dernière variante en partant pour 20 km de chemin poussiéreux, j'ai même enfin pu voir une ganaderia (manade?) avec des vrais taureaux comme le méchant qui a étripé picadors et matador Samedi dernier. A Tarifa et à Algesiras j'ai aussi aperçu les guernouilles !

Un retour accéléré s'organise différemment selon les pays ; de l'est et du nord on a de bonnes chances avec le train. En Espagne il faut plutôt compter avec le bus ; en principe c'est possible sur les lignes nationales, inimaginable sur les lignes internationales. J'avais même naïvement imaginé une croisière vers Barcelone ou Marseille. Donc hier j'ai attaqué par 25 km de route, via 3 petits cols pour remonter de Tarifa à Algesiras ; j'ai revu au passage les vieilles éoliennes à forme de derrick, j'ai aperçu le rocher de Gibraltar.
Puis j'ai perdu au moins 4h00 à tourner sur le port de commerce, à chercher des compagnies maritimes inexistantes (chaque bureau connaît exclusivement ses lignes et rien d'autre) et après être passé par 2 agences de voyage j'ai fini par me persuader qu'il n'existe pas de liaison maritime pour passagers vers le nord, à moins d'aller d'abord à Tanger où de là, peut-être ... L'office de tourisme n'a pas été d'un grand secours, tout le pâté de maisons étant privé d'électricité, ils n'avaient plus Internet. Il a fallu plusieurs allers-retours entre les 2 stations d'autocars pour trouver une compagnie qui accepte le vélo moyennant un supplément ; les bureaux de chacune ayant bien sur des horaires d'ouverture différents ; l'une ne voulant pas entendre parler de vélo, l'autre voulant qu'il soit sinon emballé du moins protégé par des cartons ; pas facile. OK pour un billet pour Madrid à 28€ (c'est déjà un bout de chemin et pas très cher!), mais il faut revenir entre 16h30 et 18h30 pour peser le vélo et s'acquitter du supplément ; je sens une petite gène mais ils sont sympas (18€ c'est encore très correct).  Tenue civile dans les toilettes, j’ai encore le temps de tourner en ville, de trouver un cyber pas très performant pour une heure de connexion, puis de manger un grand plat de caracoles (escargots) à la tomate, je reviens à la gare routière à l’avance pour un départ à 21h00 ; mon arrivée cycliste par l’entrée des bus n’a pas trop plu au vigile, mais bon ... Ça a failli se gâter au moment de l’embarquement, quand le chauffeur grincheux, seul maître à bord, a vu mon engin encombrant et crasseux, qu’il ne voulait pas charger non démonté !!! je me suis un peu agacé, et j’ai encore pu trouver celui qui m’avait vendu le billet le matin qui est venu calmer les esprits et m’a juste demandé de démonter la roue avant, ce qui était bien le moins ; chauffeur maugréant que s’il montait trop de monde à Almeria, il me débarquerait ...

Finalement tout s’est bien passé, mais autant dire qu’avec une arrivée à 5h30 et 2 arrêts bien éclairés, ce n’a pas été une nuit très reposante.
Un bon moment pour se repérer dans cette énorme gare routière en semi-activité ; essayer de déterminer quelles sont les compagnies qui iraient dans des directions qui m’intéresseraient et repérer les guichets mais ils n‘ouvriront pas avant 7h30 ; petit déjeuner à prix d’aéroport.

Rien à faire, les compagnies internationales ne veulent pas de moi!
Comprendre que la compagnie qui dessert Barcelone, en principe au guichet 10 est en fait basée dans la gare routière nord (ah tiens!), puis que toutes les destinations nord sont aussi là-bas ; acheter un plan et se lancer pour une demi-heure sur les grandes avenues. Le stress monte, si ça ne marche pas faudra-t-il sortir de Madrid à vélo?  Et là, c’est le miracle! c’est possible et même pour le départ dans 45 minutes au prix dérisoire de 33€ pour un Madrid-Barcelone avec le vélo non démonté, non emballé.
Après j’assurerai ... vers Perpignan, puis on verra ce que la SNCF propose.
(Texte rédigé dans le car ; je ne sais même pas à quelle heure on arrive, mais la priorité sera de trouver une pension pour me laver et me changer!)



Publié dans 2009 Espagne

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Pauline 30/06/2009 00:31

Je suis enchantée par ton voyage, Pierre.Je viens d'admirer tes dernières photos sur fond musical de "Take me home Country roads". Je ressens une émotion intense. Merci de m'avoir un peu emmenée avec toi, sur les routes espagnoles.

Pierre qui roule 30/06/2009 14:53


Si je n'étais déjà pas si bronzé, je rougirais