Faire (ou refaire) la Manche

Publié le par Pierre qui roule

CUENCA était la première ville traversée depuis Cahors (France / 19 jours auparavant). Cette petite ville est inscrite au Patrimoine de l’Humanité pour ses maisons suspendues en particulier, mais aussi pour ses nombreux palais et églises, et bien sur pour son cadre si particulier : la Sierra de Cuenca au nord et la Mancha au sud . Ce bref album vous emmène pour une visite de 2 heures dans la ville haute.
Cuenca aura aussi été le retour à la civilisation avec cybers et bars équipés de Wifi ; à noter aussi que pour une fois j’ai dormi en bonne compagnie !


Au sud s’étend donc la Mancha à traverser pour rejoindre la Sierra de Segura qui sera l’entrée en Andalousie (une autre histoire qui commence …). Paysage plutôt plat et cultivé sur 200 km de vignes, de champs de céréales (blé et orge) que l’on commence à moissonner, et les premiers oliviers font leur apparition. Plein de petits lapins qui gambadent joyeusement, et plein de petits lapins ... tristement écrabouillés.


 En sens inverse, j’emprunte les mêmes routes qu’en 2005 ; amusant de reconnaître un hôtel où j’avais dormi, ou de refaire la même photo de la même fresque. Le pittoresque de la région, vous y pensiez déjà, c’est le souvenir de Don Quijote et nombreuses en sont les représentations ; et puis il y a comme dans le roman quelques moulins, des vrais, je parlerai d’éoliennes plus loin.


Mais ’Que calor!’ et je comprends que ça lui ait tapé sur le casque au Grand ! (moi j’en reste à la casquette bien plus efficace). Drôle de pays aux changements de temps si brusques ; amorcé dans l’après-midi à Cuenca, le retour du ‘grand-beau’ est confirmé le lendemain avec une montée à 37° sur toute la fin d’après midi, mais avec un petit vent d’ouest ça se vit bien. Courte étape de 102 km, je suis parti à 11h00 (Wifi oblige) pas vraiment à la fraîche !
Le lendemain on continue de parler de la vague de chaleur dans les journaux télévisés, non pas du tout comme une alerte-canicule mais plutôt comme la satisfaction de voir arriver l’été. 25° en partant à 9h00, le thermomètre marque déjà 41° à 13h30 (34° sur le vélo resté à l’ombre pendant le déjeuner) et la climatisation de la ’comedor' (salle à manger) provoque un choc thermique ! Le vent plutôt de sud-est se laissait supporter, mais dans l'après-midi quelqu'un a eu la mauvaise idée de couper les
éoliennes et les 44° sont devenus un peu plus pénibles (un moment que je cherchais à la placer celle là!) pour un après-midi de gamine de 8 ans (celle là aussi ! pas un poil de vent). Le genre de journée où j'apprécie bien les écouteurs dans les oreilles pour écouter cours de philo, émissions d'histoire et musique ; c'est tellement le désert qu'on ne capte aucune radio FM ! Encore une étape courte alors que facile (104 km) mais je suis au pied de la sierra, il faut en garder un peu sous la pédale pour demain.


Mais aujourd'hui c'était une autre paire de Manche (ah ah ah!) pour attaquer la
montagne ; 500m de grimpette par 40°,  la  problématique est différente. Mi corazón (mon petit coeur, comme dans la chanson), d'habitude si pépère palpite méchamment à la moindre petite danseuse ; 'ce qui ne me tue pas me rend plus fort!' ; non, non, pas d'affolement, ça se gère :  arrêt obligatoire à chaque fontaine, rafraîchir ce qu'on peut, mouiller la casquette, remplir ou remplacer l'eau chaude du bidon, manger léger, mettre 2 dents de plus, faire des photos (à l'ombre si possible) ou vérifier la carte (la bonne excuse pour mettre pied à terre).  Et j'ai trouvé encore mieux en ratant la route qui m'aurait renvoyé dans les hauteurs, ce qui m'a évité un méchant orage que j'ai vu se former, et entendu tonner tout au long de la crête.


Première étape en Andalousie ce soir, dans une petite pension qui semblait bien modeste, diner au 'menu del dia' en cuisine familiale accompagné de vin rouge frappé, en regardant la corrida de Grenade à la TV (pas de polémique SVP, on est en Espagne) ; pour tout arranger les filles de la maison ont internet et me donnent leur clé WEP. A quoi ça tient le bonheur? Mais à 0h45 il serait temps de publier, y a de la route demain ...

Fopa me faire des peurs comme ça; les scorpions et les serpents je veux bien m'en débarrasser à coup de sandales Shimano, mais me faire boulotter par des guernouilles de cette taille qui survivraient à 40° par 1000m d'altitude, c'est l'angoisse!

Publié dans 2009 Espagne

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