Los dineros (les sous)

Publié le par Pierre qui roule

CARTE POSTALE
Le regard de la fourmi4 jours de montagne dans les pays basques (la Navarre basque et le Pays Basque proprement dit) avant d’arriver maintenant en Castille et Leon. De vrais cols à 800-900 m mais étonnamment toujours dans de belles forêts de feuillus. Quelques prairies avec beaucoup de juments massives accompagnées de poulains tout frais (tout chauds?); élevage de boucherie probablement, et comme du bétail, les chevaux ont ici souvent leur cloche. Nombreux grands rapaces, et encore plus grande mais quand même rare la cigogne blanche et noire à bec rouge qui tournoie et chasse pour des petits déjà presque adultes. Les moutons sont parfois tondus; ils ont du regretter leur laine quand ce dernier jour de pluie a été suivi d’une journée glaciale (19° a midi en plaine); tout est rentré dans l’ordre à 34° cet après midi en bas d’un grand col (600m à monter) mais aussi en haut! (il est temps de s’acclimater à la chaleur avant de descendre au Sud)

LOS DINEROS ou des fortunes diverses.
Sachant que l’Espagne n’est pas chère, sachant que le nord est plus cher que le sud; sachant que je suis étranger mais quand même pas Espagnol, sachant que la législation sur les prix semble un peu flottante ici, combien cela va-t-il me coûter au Pays Basque? Les prix sont rarement affichés et se font plutôt à la tête du client, alors les surprises vont dans les 2 sens ; le hasard et la géographie jouent aussi. Pour dormir j’oscille entre 0 et 50€ : d’un gîte municipal en cours d’ouverture (encore le plastique sur la moitié des lits, pas d’eau chaude et électricité non branchée, mais trouvé la douche dans les vestiaires du gymnase - fronton en dessous ; d’un gîte municipal classique sur le camino à 6€, en passant par une ‘Casa rurale’ à 20€ pour un appartement complet pour 4 personnes, puis une chambre (habitaciones) complète avec sanitaire et TV (passage de l’aspirateur en moins) au dessus d’un bar à 22€ (rien à dire le prix était affiché sur la porte … à 6500 pesetas !!!); pour finir ce soir, faute de choix et m’étant déjà écarté de mon itinéraire, dans un hôtel ** dont la chambre  jolie certes, mais minuscule, a été ramenée de 55 à 50€ (et à ce prix, Internet ne fonctionne pas … encore).
Il est clair que les prix se font à la tête du client; j’ai quand même repris la boulangère qui demandait 7,20€ pour 4 pains au chocolat et une demi baguette, en posant l’addition sur papier elle est redescendue à 5,20€, ce qui n’était pas un cadeau puisque le lendemain j’ai eu en petit déjeuner au bar: 2 beignets, 1 croissant, 1 pincho au jambon et un café au lait pour 3€, j’ai aussi fait vérifier mais c’était bon .

Pour les diners, c’est encore toujours aussi aléatoire, mais peu cher; le plus surprenant fut le soir où ayant demandé s’il n’y avait pas un menu (del dia) quand la carte de pizza à 15-17€ ne m’inspirait pas  j’ai une belle salade, des chipirones dans leur encre (de Chine) avec frites, un gâteau et une bouteille de vin de table pour … 9€.
Bon, c’est ça l’Espagne; il y a une alchimie qui fait fonctionner l’économie du quotidien …

Mais parlant de sous, je dois quand même signaler que j’ai pour la première fois (la seule, la dernière?) gagné de l’argent grâce au vélo (ce qui ne fait encore pas de moi un professionnel) ; en effet je suis tombé ce matin sur un trésor en bord de route: plein de mitrailles, centimes, pièces jaunes et 4€,+ une clé et une télécommande !?!?! en laissant les centimes ça faisait 8,75€  D’aucuns diront qu’il n’y en a que pour la canaille; mais en fait ça va tout juste remplacer l’Opinel oublié sur un banc il y a quelques jours: rien ne se crée etc... ; une satisfaction pour une contrariété

et taille la route …

LA SUERTE (la chance)
Moins spectaculaire qu'en Sardaigne!
L'article ci dessus avait été rédigé hier soir. Ce matin, cerise sur le gâteau, une IVA de 7% s’est appliquée à mes 50€, on est presque revenu à 55 donc. Ça m’a agacé une bonne partie de la journée. Mais bon…
Je partais de plus, encore une fois à l’aventure dans de la montagne déserte (Cordillère Cantabrique) prêt à un nouveau racket ou à une journée interminable à la recherche d’un lit..
 A 17h30 après un vrai beau grand col de 200 à 1200m, il a fallu entamer les investigations. Dans un bar une gentille, jolie et intelligente brunette (dans quel ordre?) m’a fait un topo de ce qu’il y avait par ici, et on a convenu que le mieux était une ’albergue’ à 6km (pas sur ma route, mais de niveau). Là où la chance commence c’est que l’auberge est vide (hier elle était pleine!) et que j’ai donc pour moi seul moyennant 13,15€ une chambre de 6 lits avec douche et WC, petit-déjeuner inclus; en prime un Wifi gratuit et qui marche du feu de Dieu. La chance c’est aussi que la jeune responsable aurait dû partir et fermer boutique à 17h00, puisqu’il n’y avait qu’une réservation pour ce soir, mais elle était encore à la terrasse avec des amis en cette fin de chaud week-end . La chance encore, c’est que le collègue avait réservé un dîner et qu’il s’est désisté, et que donc si je le voulais … et c’est cadeau puisque c’était déjà payé … et ça m’évite de reprendre le vélo pour aller au village à 2km.
Bon, je vais le savourer, ce dîner
La chance, ça va ça vient, mais je suis plutôt gâté!

Ce nouvel album pourrait sembler de mauvais goût, mais à la vitesse où on grimpe les cols, on voit autant d'horreurs que de fraises des bois alors ...
Au moins c'est original, non?


Publié dans 2009 Espagne

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